G&F Jardin d’Hiver, Février 2017

La neige était au rendez-vous pour ce premier jardin d’Hiver à Château d’Oex (Suisse). Photo : Gemmologie & Francophonie

Poil d’hiver 2017. En février de cette année s est déroulée la première édition d’un week-end qui a gagné sa place dans les agendas, s’inspirant de la très efficace recette de la « Gemmologie à Poil » dans le Morvan. Un petit groupe d’amis gemmologues, établis dans la région de Genève et ailleurs, s’est mis en tête d’organiser un événement hivernal en Suisse Romande. Représentants de laboratoires de gemmologie et d’institutions académiques, membres de l’industrie horlogère Suisse, observateurs aguerris du monde de la pierre et du bijou se sont réunis les 4 et 5 février à Château-d’Œx, Gruyères.

Du monde pour les conférences : Franck Notari (GGTL), Chloé Picard, Marie Chabrol (ARPA), Yann Maquignon, Goeffrey Hummel (GGTL), Astrid Pothion, Candice Caplan (GGTL) et . Photo : Gemmologie & Francophonie

Les conférences :

Candice Caplan et Emilie Disner (GGTL Laboratories Switzerland, Genève, Suisse) ont présenté leur étude qui porte sur un gobelet en corne de rhinocéros de la fin du XIIIe, provenant d’Éthiopie, accompagné de son étui de cuir. Ces d objets, conservés aujourd’hui dans les musées et parfois très anciens, étaient des récipients avant tout destinés à la consommation de bière chez les chrétiens d Éthiopie.

Marie Chabrol (Paris, France) a partagé avec nous son érudition sur les perles fines de Lorraine. Provenant du mollusque Margaritifera margaritifera (Linné, 1758), elles se retrouvaient dans les rivières de la Vologne, le Neuné et le Barba de la fin du XIIIe siècle au début du XIXe. Le musée de Nancy possède un lot de 189 perles allant du blanc au gris, du bleu au violet et mesurant de 0,5 à 5 mm. Quelques noms de lieux témoignent encore de cette époque : le sentier des perles de la Vologne, le lieu-dit de Château s/ perle.

Franck Notari (GGTL Laboratories Switzerland, Genève, Suisse) nous a présenté une étude portant sur les diamants verts traités par immersion dans le bromure de radium 226 (226Ra). Ces pierres, ainsi traitées depuis ≈ 1905 (premier traitement par Sir William Crookes vers cette année- là), se rencontrent parfois sur le marché. L’exposé portait sur la chaîne de désintégration de l’uranium 238 (238U) et, tenant compte de l’ensemble des éléments filles de la chaîne pour arriver jusqu’au plomb 206 (206Pb, stable), sur le danger que certaines de ces pierres peuvent représenter.

Chloé Picard (Genève, Suisse) a décrit, à l’aide d’une série de photos, plusieurs réactions de luminescence des diamants incolores lorsque ceux-ci sont soumis à une excitatrice UV proche à lointain. L’observation directe, alliée à une bonne connaissance des centres concernés, permet bien souvent à elle seule de distinguer les diamants synthétiques présents dans des lots de mêlé. Le DFI Mid-UV laser, développé par les laboratoires GGTL, permet ce tri (basé sur l’imagerie et la spectroscopie) rapide des diamants sertis ou non-sertis de toutes tailles et formes.

Yann Maquignon (Genève, Suisse) a décrit son étude spectrale de la solution solide des pyralspites par méthode de réflectance spéculaire en infrarouge. Avec l appui d analyses chimiques par microscope électronique à balayage, cette étude a permis de démontrer l évolution linéaire des fréquences vibrationnelles des minima de réflectance liées aux modes internes de SiO4, le long des trois séries binaires : pyrope, almandin et spessartite. Ce qui permet de répondre à la question : jusqu à quel degré peut-on inférer la chimie d un grenat pyralspite sur la base des fréquences vibrationnelles.

Stefanos Karampelas (Gem Research Swisslab, Lucerne, Suisse ; aujourd’hui auprès du DANAT laboratory) a présenté ses récentes études sur la variscite (AlPO4 · 2H2O, orthorhombique) et la métavariscite (AlPO4 · 2H2O, monoclinique) australienne et nord-américaine par spectroscopie Raman. Il apparaît que nombre de « variscites » sont en fait des métavariscites. De structure cryptocristalline, la variété gemme de la variscite est translucide à opaque avec un éclat cireux. La couleur va de blanc à brun et de vert à jaune. Ces caractéristiques peuvent parfois amener à une confusion avec le jade, certaines turquoises ou encore la chrysoprase.

Candice Caplan (GGTL Laboratories Switzerland, Genève, Suisse) a clos cette série de conférence en partageant avec les participants des photos et anecdotes de son récent voyage à Mogok, Myanmar. Son récit commence par l’exploitation de gisements primaires à Kyauk Saung et Dattaw et le tri du minerai par tables vibrantes, puis plus artisanalement à Kyauk Sar Taung. Les anciens lits de rivières sont des gisements secondaires également très exploités, comme à Kyauk Pyat. Les scènes représentées des marchés de Cinema market, West market et Umbrella market témoignent de l ambiance lors du commerce des gemmes.

La traditionelle raclette suisse. Photo : Gemmologie & Francophonie

Nous avons eu l occasion d’écouter sept conférenciers, de déguster une délicieuse raclette (qui est à la Suisse ce que l’omelette aux truffes est au Morvan) suivie évidemment d’une fameuse meringue et bien sûr un quizz !
Félicitations aux vainqueurs, l’équipe de Candice, Alice, Stefanos et Yann. Merci à Franck qui a choisi les échantillons de cette première réunion très réussie avec une certaine mansuétude ! (pas plus de cinq pattes aux moutons ).

Les vainqueurs du quizz concocté par Franck Notari : Candice Caplan, Alice, Stefanos Karempelas et Yann Maquignon. Photo : Gemmologie & Francophonie

A très vite !

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