G&F Jardin d’Hiver, mars 2018

Le groupe pour l’édition de 2018 : Yann Maquignon, Candice Caplan, Christine Jomard, Goeffrey Hummel, Emmanuel Fritsch, Karin Schmoker, Martial Bonnet. Photo : Gemmologie & Francophonie

Poil d’hiver 2018. Début mars s’est déroulée la deuxième édition d’un chaleureux week-end de découvertes amicales et gemmologiques. Un toujours plus grand groupe d’amis gemmologues, représentants de laboratoires de gemmologie et d’institutions académiques, membres de l’industrie horlogère Suisse, observateurs aguerris du monde de la pierre et du bijou se sont réunis les 3 et 4 mars à Château-d’Œx, Gruyères, Suisse.

Dans la salle avant le début des conférences : Boris Chauviré, Geoffrey Hummel, Candice Caplan, Martial Bonnet, Karin Schmocker. Photo : Gemmologie & Francophonie

Les conférences :

Boris Chauviré (Université Grenoble Alpes) a parlé de son sujet de recherche actuel, les opales et leur dérangeante capacité à se craqueler ou s’opacifier avec le temps. Pour mieux comprendre la déstabilisation de l’opale (et plus particulièrement le craquement), il est essentiel de bien comprendre comment l’eau s’intègre dans la silice amorphe. La thermoporosimétrie permet de mesurer la taille des pores qui contiennent l’eau mobile dans la microstructure de l’opale. Les analyses thermogravimétriques ont permis de mesurer la concentration en eau dans les échantillons, et ainsi de calculer quelle proportion de cette eau était libre, en comparant avec la thermoporosimétrie. Sous polariseurs croisés et via des analyses Raman, il a été démontré que le craquement crée des tensions dans l’opale. Au vu des résultats, le phénomène de déstabilisation semble lié à la perte de volume de l’opale durant sa déshydratation. Avec les données thermoporosimétriques, il est théoriquement possible de calculer efficacement la contrainte induite par la déshydration. Par comparaison avec la capacité de l’opale à résister à ces contraintes, il serait donc possible de prédire si une opale sera sujette au craquement.

Chloé Picard (Genève, Suisse) a brièvement présenté, à l’aide d’une série de photos fournies par l’auteur, un des livres du Professeur de chimie Paul Rustemeyer. « Tourmaline : Fascinating Crystals with Fantastic Inner Worlds » est le résultat d’un travail passionné du professeur allemand sur la tourmaline schorl. Ce minéral, minutieusement travaillé en tranches fines (0,1 – 0,01 mm d’épaisseur) est poli et parfois stabilisé à l’aide d’une plaque de verre. C’est grâce à un éclairage approprié que la magie opère : de spectaculaires structures trigonales et d’inattendues couleurs deviennent visibles. Au fil des chapitres, nous découvrons une grande variété de motifs, qui résultent directement de la chimie du milieu et des contraintes cristallographiques au sein des pegmatites.

Emmanuel Fritsch (Institut des Matériaux Jean Rouxel, Nantes) a fait une passionnante présentation de son voyage au sud de la Namibie, des bords du fleuve Orange à travers le Sperrgebiet. Cette zone d’exploitation minière de diamants s’étend au bord l’océan Atlantique, de Lüderitz à Oranjemund (frontière avec l’Afrique du Sud). Son témoignage fut pour nous une rare occasion de mieux connaître cet endroit historique, connu de tous et pourtant peu documenté.

Marie Chabrol (Paris, France) a lancé une table ronde sur le principe de Blockchain appliqué aux gemmes. Son article « La technologie Blockchain au service des gemmes ? », publié le 14 janvier 2018 sur le site Le Gemmologue.com, traite d’un sujet brûlant de notre génération. Au nom d’une meilleure traçabilité, le laboratoire Gübelin annonçait la mise en service d’une nouvelle certification des émeraudes : le Emerald paternity test. Le groupe De Beers développe aujourd’hui la première initiative de technologie Blockchain visant à couvrir la chaîne de valeur du diamant et à fournir un enregistrement numérique unique, infalsifiable et permanent pour chaque diamant enregistré sur la plate-forme. C’est un sujet passionnant, qui amènera, dans un futur proche et dans plusieurs industries, une vraie révolution.

Yann Maquignon (Genève, Suisse) a clos cette après-midi par la présentation d’un court documentaire amateur retraçant le cheminement des émeraudes, de l’extraction du brut sur l’exploitation de Chivor à la revente des émeraudes taillées à Bogotá. Grâce à David Goubert, fin connaisseur de la région, Yann a partagé pendant dix jours le quotidien des esmeralderos. Situé à l’est de la cordillère orientale, l’exploitation de Chivor se caractérise par un ensemble de galeries et de puits creusés dans une roche calcaire. Les mineurs suivent les veines de calcite qui leur permettront de trouver l’émeraude. L’extraction se fait à l’aide d’explosifs. Le documentaire nous permet de plonger dans le quotidien des mineurs, notamment à l’occasion d’une grande fête célébrant la très bonne production des dernières semaines. Les bruts sont ensuite vendus et acheminés à Bogotá où les lapidaires vont travailler la matière. Enfin, c’est sur les places de négoces ou dans les bureaux de Bogotá que seront vendues les pierres.

Examen des pierres du quizz. Photo : Gemmologie & Francophonie

Nous avons eu le plaisir d’écouter cinq conférenciers, de déguster une copieuse et crémeuse fondue, la locale meringue, le tout bien sûr suivi d’un quiz ! Félicitations à Karine, David et Geoffrey, l’équipe gagnante de cette deuxième édition. Merci au GGTL Genève pour la préparation des échantillons.

Durant la balade du dimanche matin. Photo : Gemmologie & Francophonie

A très vite !

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